Que devient le monde ? Que deviennent les gens ? Comment sont voués à évoluer les systèmes que nous connaissons ?
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Comment les nouveaux usages influent sur notre manière de penser


Si il est bien un mot à la mode ces derniers temps, c’est celui de sérendipité, c'est-à-dire le principe de découvertes inattendues, faites  grâce au hasard mais aussi à l’intelligence, à l’intuition empirique plus précisément. Ca a été inventé en 1754 par Horace Walpole , ça sonne rigolo, précieux et grand nombre de découvertes majeures  lui sont prêtées.

Tout est parti d’un article de Nicolas Carr paru en 2008 : « Is Google making us stupid ? », questionnant entre autres le fait qu’Internet et les moteurs de recherche, de par la masse infinie de connaissances potentiellement accessibles à notre disposition, saturaient notre pouvoir de concentration pour aboutir à un étourdissement persistant, un vertige de d’informations non consommée.

Alors si l’on met de coté la baisse de productivité constatée,  le principal bénéfice de cette cognition contemporaine pourrait être une assez nouvelle manière de réfléchir, reposant sur une  propension  à associer des idées disparates. C’est l’effet « shuffle » ou « random » appliquée au raisonnement humain, la capacité à relier des abstractions en vue d’une synthèse, à déduire des idées inédites à partir d’éléments à priori épars. La sérendipité est l’aboutissement de ce processus.

D’ailleurs, ces mécanismes font depuis longtemps partie intégrante du processus créatif. On le connait sous le vocable brainstorming, mais le crowdsourcing participe de cette même démarche. En fait c’est toute une nouvelle façon de penser le travail autour d’une organisation en mode collaboratif qui semble peu à peu émerger.

Cela rejoint aussi la tendance actuelle de la communication des marques, ces dernières commençant enfin à comprendre que leur(s)relation(s) avec  le consommateur est à entrées multiples. Alors la communication dite « 360 » et ses stratégies en silos mettant la marque au centre et ses cibles l’entourant en cercle va laisser place à une communication dite « intégrée » (IMC), qui elle va faire l’inverse, en préférant placer le consommateur au centre et utiliser judicieusement les caractéristiques propres à chacun des points de contacts consommateur / marque pour délivrer un discours adapté. On empile plus, on adapte.

Au lieu d’avoir une seule balle au centre et des joueurs autour, on va choisir de mettre tous les joueurs au centre et autant de balles autour. Certainement une meilleure manière de les toucher. Désormais on gère des audiences en s’adaptant à elles. On partage des contenus avec elles, on écoute leur avis, on instaure un dialogue à partir duquel on espère pouvoir faire remonter tout type information susceptible d’améliorer la relation marque – utilisateur. C’est en fait la construction d’une méthode de colligation d’insights, pour stimuler la capacité de la marque à faire œuvre de sérendipité. Plus que jamais l’innovation va venir d’où on ne l’attend pas.

A présent, vous n’avez peut-être pas tout compris, n’hésitez pas à utiliser « colligation d’insights » et « serendipité » lors d’un prochain diner, il en restera nécessairement quelque chose chez vos interlocuteurs, soit du respect pour votre prose, soit peut-être une nouvelle invention révolutionnaire… Allez savoir.
Nouveau ! La voiture en open-source


L’industrie automobile avance à coup de pied dans le derrière.
Cette année, Renault nous présente ses vœux avec comme résolution : « changeons de vie,  changeons l’automobile »… Il y a quelques semaines, Peugeot nous dévoilait sa nouvelle plate-forme de marque et ses nouvelles ambitions autour d’une nouvelle signature « Motion & Emotion ». Et l’on remarqua le glissement sémantique de « automobile » à « déplacement » (motion). Ainsi le constructeur veut élargir son champs de compétences, du moins réinstaller sous un même toit des métiers jusque là séparés, la voiture, le deux-roues et peut être plus encore. Intéressant. La marque dévoile par ce claim mondial qu’elle a bien saisie les nouveaux enjeux de déplacement. La voiture, produit couteux, encombrant et polluant s’efface au profit de solutions de mobilité multiples. A suivre.

Mais les grands constructeurs, lourdes machines industriels louvoyant entre lobbying et aides diverses, se voient challengés par de nouvelles initiatives bien plus innovantes. Pour preuve, celle de l’inconnu Trexa. L’idée : créer soi-même sa propre voiture électrique, grâce à une plateforme évolutive constituée d’un châssis avec 4 roues motrices, d’une batterie lithium et des systèmes électroniques. Reste ensuite au quidam de concevoir le reste, design, habitacle, finitions, et même la capacité d’accélération…
Un modèle d’entreprise entre le crowdsourcing, l’open-source et le développement d’applications « vehicle apps », popularisé par Apple et son Iphone.

Ainsi, en cas de succès, c’est tout un écosystème (alias gamme) de véhicules, de la berline à l’utilitaire qui risque de surgir du cogito de mécano passionnés du dimanche. Voilà une initiative qui risque de nous réconcilier avec le tuning auto et enterrer un peu plus les modèles industriels façonnés pour la consommation de masse.
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